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Une pile à combustible permet de
convertir directement de l'énergie chimique en énergie
électrique. A la différence des moyens traditionnels de
production de l'énergie, son rendement ne dépend pas du
cycle de Carnot. Par ailleurs, le combustible est fourni en continu
à la différence des piles traditionnelles (pile au Zinc).
On peut ainsi obtenir du courant de façon continue.
L'un des intérêts de la
pile à combustible est que les températures sont d'un
plus faible niveau que dans les turbines ou les moteurs à
combustion. Ceci permet entre autres d'éviter la formation de
NOx. Cependant à ce niveau de température, la plupart des
carburants carbonés traditionnels sont trop peu réactifs
et seul l'hydrogène convient. Le
méthanol peut aussi être utilisé dans les piles
directes à méthanol, mais leurs performances restent pour
le moment inférieures à celles des piles à
hydrogène. Pour utiliser des combustibles type méthane ou
autres alcools, il faut des températures de fonctionnement bien
plus élevées: 800 à 1000°C. La
réalisation de piles fonctionnant à de telles
températures est problématique: on préfère
donc utiliser de l'hydrogène.
Une cellule élémentaire est constituée de 3 éléments:
- deux électrodes,
- un électrolyte
Les deux électrodes sont
séparées par l'électrolyte. A l'anode, on
amène le combustible (le plus souvent de l'hydrogène,
parfois du méthanol). La cathode est alimentée en
oxygène (ou plus simplement en air, enrichi ou non en
oxygène).
Principe élémentaire d'une pile
Les réactions
Dans le cas d'une pile hydrogène-oxygène, on a oxydation de l'hydrogène à l'anode selon:
H2 2 H+ + 2 e- électrolyte acide
H2 + 2 OH- 2 H2O + 2 e- électrolyte basique
Il s'agit d'une réaction catalysée. L'atome
d'hydrogène réagit en libérant deux
électrons, qui circulent dans le circuit électrique qui
relie l'anode à la cathode.
A la cathode, on assiste à la réduction cathodique (également catalysée) de l'oxygène selon:
1/2 O2 + 2 H+ + 2e- H2O électrolyte acide
1/2 O2 + H2O + 2e- 2 OH- électrolyte basique
Le bilan donne donc:
H2 + 1/2 O2 H2O + chaleur
Cette réaction est exothermique:
à 25°C, l'enthalpie libre de la réaction est de -237
ou -229 kJ/mol selon que l'eau formée est liquide ou gazeuse.
Ceci correspond à des tensions théoriques de 1,23 et 1,18
V. Cette tension dépend aussi de la température.
Tension de la pile
Si l'ensemble de l'enthalpie
libérée par la réaction pouvait être
retrouvée sous forme d'une différence de potentiel, la
tension Eth délivrée par la pile serait:
En fait, d'après le second
principe de la thermodynamique, la part correspondant à
l'entropie ne peut être transformée en travail
électrique. Or, le travail est égal à la variation
d'enthalpie libre au cours de la réaction chimique.
Le travail récupérable correspond au déplacement
des électrons dans le circuit extérieur. Il est
égal à:
avec Ea et Ec les
potentiels à l'anode et à la cathode. Le travail maximal
récupérable par la pile (quand les pertes peuvent
être négligées) est donc:
La tension maximale récupérable est donc Erev:
La tension maximale aux bornes de la pile s'exprime donc en fonction de la température:
La variation d'entropie étant négative (diminution du
nombre de moles), la tension maximale aux bornes de la pile diminue
quand la température augmente. Le rendement théorique de
la pile, soit le rapport entre Erev et Eth, diminue donc lui aussi en
fonction de la température.
Rendement d'une pile H2/O2 comparé au rendement de Carnot (Tu = 300K)
La différence entre le potentiel de la cathode et celui de l'anode représente en fait la fem de la pile:
E = Ecathode - Eanode
Le potentiel de chaque électrode s'obtient grâce à la loi de Nernst
qui le relie à la concentration des réactifs et produits
de la réaction électrochimique ayant lieu à
l'électrode. Pour la réaction:
A1 + n e- A2
on a un potentiel (par rapport à l'électrode d'hydrogène (= 0 à 25°C)) :
où les a représentent les activités des espèces Red et Ox.
Lorsque le courant est non nul, la
tension de la pile sera inférieure à cette tension
d'équilibre. Ceci est dû à la présence de
surtensions aux électrodes. Elles proviennent des
cinétiques réactionelles dont les vitesses ont des
valeurs finies.
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