Face à l'augmentation du prix
du pétrole - on a franchi les 140 dollars! - et à l'aggravation des problèmes climatiques, il semble
nécessaire de trouver des alternatives, que ce soit les véhicules hybrides ou les véhicules électriques,
voire des véhicules roulant avec des carburants alternatifs. En
ce qui concerne ces derniers, de nombreux travaux sont ou ont
été réalisés: GPL, gaz naturel sont les
plus connus, mais il y a aussi des carburants comme le DME
(dimethylether), l'éthanol, le méthanol. L'utilisation de
ces carburants, dont certains ne sont en général
utilisés que comme additifs, ne permet de réduire qu'en
partie les émissions. Une autre voie choisie est celle des
véhicules électriques: ceux-ci ne sont pas une
découverte récente puisque le premier date de 1881, mais
ce n'est qu'après les travaux faits sur les piles dans le
domaine spatial et les crises pétrolières que les
constructeurs automobiles commencèrent à
s'intéresser vraiment à ce type de véhicule.
Quelle technologie pour les PACs?
On distingue deux applications des piles dans le domaine de l'automobile: la propulsion du véhicule et l'alimentation en électricité des appareils de bord (climatisation, appareils électroniques, comfort), avec ce qu'on appelle une APU (Auxiliairy Power unit).
La pile à combustible utilisée pour la propulsion sera la PEMFC: elle seule satisfait aux critères de rapidité, de niveau de température... La PEMFC, la SOFC et les piles alcalines sont aussi citées pour les APU (Auxiliairy Power Unit).
Le carburant
L'hydrogène
est par définition le meilleur pour alimenter la pile à
combustible: pas d'émissions de CO2 et de meilleures
performances pour la pile. Pour le moment, il est surtout stocké
soit sous forme gazeuse (haute pression: de 300 à 700 bars) ou liquide
(à - 253°C). Mais ces formes de stockage ne sont pas
totalement satisfaisantes en termes de densité
gravimétrique et volumétrique. D'autres technologies sont
à l'étude: les hydrures métalliques, le borhydrure
de sodium (Millenium Cell), les nanotubes... dont on espère de
meilleurs résultats en termes de volume, poids,
sécurité et dépense énergétique;
elles sont cependant loin d'être mûres.
Une autre possibilité consiste à utiliser directement l'hydrogène dans un moteur thermique.
L'utilisation de l'hydrogène nécessite dans tous les cas la mise en place de l'infrastructure de production, de transport et de distribution
avec par exemple des stations service (où l'hydrogène
pourrait être obtenu par reformage du gaz naturel). Mais si
l'hydrogène devait être utilisé, on se retrouverait
face au problème de l'oeuf et de la poule: qui doit être
introduit en premier: les véhicule à pile ou
l'infrastructure nécessaire?
Utiliser un carburant intermédiaire (essence, méthanol,
éthanol...) dont on obtiendrait de l'hydrogène par reformage
à l'intérieur du véhicule est une piste aussi
envisagée. Cependant, elle pose de nombreux problèmes: si
le carburant utilisé ne dispose pas d'une infrastructure
suffisante, il est peu probable que les industries
pétrolières se lancent dans la mise en place d'une
infrastructure à durée de vie limitée - si on
considère que l'hydrogène s'imposera à terme. De
plus, les techniques de reformage ne sont pas totalement mûres:
il s'agit de mettre une petite usine à gaz dans la voiture. On a
également des contraintes de place, de volume, de temps de
réaction du système. Si les voitures à PAC avec
des carburants autres que l'hydrogène ont connu un certain
succès jusqu'à 2000-2001, elles se font très rares
depuis, preuve que cette piste semble progressivement abandonnée.
Les avantages des véhicules PAC
Les véhicules fonctionnant
à l'hydrogène ne rejettent que de l'eau; ce sont des
véhicules "Zero Emission" (ZEV). Néanmoins on ne peut
considérer la voiture seule, il faut aussi considérer la
fabrication du carburant. On distingue ainsi les émissions du
puits au réservoir (WTT) et celles du réservoir à
la roue (TTW). Pour une voiture à l'hydrogène, les
émissions TTW sont presques nulles.
En revanche, ceux fonctionnant avec un reformeur devraient avoir des
émissions de CO2, particules, NOx inférieures à
celles des véhicules traditionnels, mais non nulles.
Cependant, quand on calcule ces émissions sur un bilan complet
avec tous les étapes du "puits à la roue" (WTW), on
obtient un large spectre où les véhicules à
hydrogène ne sont pas toujours gagnants!! Tous ces bilans sont
à prendre avec une extrême précaution car les
calculs faits dépendent énormément des
chaînes de production choisies, c'est à dire comment le
carburant est produit.
Quand apparaîtront les véhicules à PAC?
Malgré les importants travaux
réalisés sur ces véhicules, il reste encore de
nombreux progrès à faire en termes de coût, de
place, de poids et de performances atteintes par le système. A
ceci s'ajoute celui de la production, du transport et du stockage de
l'hydrogène (et éventuellement choix du carburant de
transition). Cette révolution n'est donc pas pour demain, les
constructeurs tablent plutôt sur 15 à 20 ans pour que ces
véhicules atteignent une part de marché
intéressante. Mais avec près de 60 Millions de nouveaux
véhicules vendus chaque année, les 20 à 25 %
espérés sont loin dêtre négligeables.
Les constructeurs ont souvent repoussé la date de sortie des pré série -
ainsi, la date de 2004-2005 était donnée comme celle du lancement des
véhicules à pile. On voit aujoud'hui qu'ils ont été un peu optimistes, mais des véhicules
PAC sont effectivement apparus et sont testés par des compagnies et bientôt des particuliers, mais c'est loin d'être
la percée attendue. Des véhicules DaimlerChrysler, Honda, Toyota, Ford sont ainsi depuis quelques années sur les routes.
Alors, 2010? 2015? 2020?
Ce qui est sûr, c'est que cette percée prendra du temps.
Dans les premières années, on peut estimer que peu de véhicules seront produits: il s'agira de flottes captives
plutôt destinées à des entreprises, des agences gouvernementales, des taxis avec un rayon de déplacement
limité.
Les prototypes
Au cours des dix dernières
années, les constructeurs automobiles ont
développé de nombreux prototypes; le plus avancé
d'entre eux est sans doute DaimlerChrysler avec ses NECAR et ses
f-cell, avec les constructeurs japonais Honda et Toyota. Cependant,
d'autres constructeurs automobiles sont également sur les rangs:
General motors, Opel, Ford, Nissan et en France, Renault et PSA.
| Audi |
Audi A2 (H2), 2004
|
| BMW |
BMW CleanEnergy 750hl Sedan (LH2)
BMW CleanEnergy 745h Sedan (LH2), 2001
Mini Cooper (LH2)
H2R (LH2)
|
| Daihatsu |
MOVE EV FC (Méthanol)
MOVE EV FC - KII (H2)
|
| DaimlerChrysler |
NECAR 1 (H2), 1994
NECAR 2 (H2), 1996
NECAR 3 (Méthanol), 1997
NECAR 4 (H2), 1999
NECAR 5 (Méthanol), 2000
NEBUS (H2)
Sprinter (H2)
Natrium (NaBH4)
F Cell (H2)
|
| Ford |
P2000 (H2)
Ford Focus FCH (H2)
TH!NK FC5 (Méthanol)
|
| General Motors/Opel |
HydroGen1, HydroGen3 (LH2)
HydroGen3 (LH2), 2001, 2004
Precept Concept Car (H2)
Hy-Wire (H2)
|
| Honda |
FCX-V1, FCX-V3, FCX-V4 (H2)
FCX-V2 (Méthanol)
|
| Hyundai |
Santa Fe SUV (H2)
Tuckson FCEV (H2), 2004
|
| Mazda |
Premacy (Méthanol)
Demio FC-EV (H2, hydrures)
|
| Mitsubishi |
Space Liner (H2), 2001
FCV Grandis (H2), 2003
|
| Nissan |
Xterra (H2)
FCV (Méthanol)
X-Trail FCV (H2), 2003
EFFIS (Hybride H2-batterie), 2003
|
| PSA Peugeot Citroen |
TaxiPAC (H2)
HYDRO-GEN (H2)
H2O
|
| Renault |
FEVER (LH2)
HYDRO-GEN (H2)
|
| Toyota |
RAV 4 (Méthanol)
RAV 4 (H2, hydrure)
FCHV-3 (H2, hydrure), 2001
FCHV-4 (H2), 2001
FCHV-5 (essence reformée), 2001
S Fine (H2), 2003
Fine-N (H2), 2003
MTRC (H2), 2004
|
| Volkswagen |
CAPRI (Méthanol)
HyMotion (LH2)
HY.POWER (H2)
|
| Zevco |
Millenium taxi (H2)
|
Note: Cette liste n'est pas
exhaustive...
Un mot sur les hybrides...
En ce moment, ce sont surtout les
véhicules hybrides qui sont à l'honneur avec la Prius de
Toyota et l'Insight de Honda. Elles connaissent déjà un
certain succès au Japon et aux USA, et à présent
en Europe. On peut les considérer - dans une certaine mesure -
comme une transition avec les véhicules à
hydrogène.
Le principe de ces véhicules est simple: il combine les
caractéristiques des voitures électriques et des voitures
à essence. On a en fait deux sources d'énergie pour la
traction: le moteur traditionnel thermique à essence et le
moteur électrique alimenté par des batteries. Cela permet
d'avoir un véhicule plus autonome que les véhicules
électriques et moins polluants que les autres thermiques. Les
moteurs sont en plus petits et en plus, on peut récupérer
l'énergie du freinage: elles sert à la recharge des
batteries.
On peut mettre les moteurs en série ou en parallèle. Dans
le principe en série, le moteur à essence va faire
tourner une génératrice. Celle-ci charge les batteries ou
alimente le moteur électrique. C'est donc ce moteur et non le
moteur thermique qui entraîne la traction. Dans le principe en
parallèle, les deux moteurs peuvent entraîner la traction.