Piles à Combustible - Hydrogène
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Dernière mise à jour:
8/10/2008
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LES PILES

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Avantages et Inconvénients

Hydrogène

Généralités

Production

Stockage

 
 

L'hydrogène
carburant du futur?

Propriétés générales
Production et utilisation
Stockage

 

Stockage

Il existe de multiples modes de stockage de l'hydrogène. Si les deux premiers modes de stockage sont actuellement les plus utilisés, ils sont loin de satisfaire par leurs performances; aussi les autres modes sont également étudiés. L'évaluation de ces performances se fait surtout par les densités volumétriques et gravimètriques (de l'hydrogène et de l'ensemble avec le stockage) et les conditions générales de stockage et de déstockage de l'hydrogène (efficacité, vitesse, appareils annexes néccessaires..). A ceci s'ajoute les critères déterminants de la sécurité et du coût. Les modes de stockage sont les suivants (liste non exhaustive):

  • comprimé,
  • liquéfié,
  • NaBH4,
  • hydrures métalliques,
  • charbon actif, nanofibres et nanotubes en carbone,
  • fullerènes...

Stockage sous forme comprimé
Le stockage sous forme comprimée est l'un des plus utilisé actuellement (PSA, Nissan, DaimlerChrysler): la pression va de 200-350 à 700 bars. Des stations services existent déjà: notamment celles de Munich, Chicago, Détroit ou Hambourg.
Procédé: La compression nécessite de l'énergie, l'évaluation de celle ci dépend du processus considéré: le processus de compression isotherme n'est pas réalisable, le processus adiabatique est plus proche de la réalité. Une compression à plusieurs étages avec un refroidissement entre chaque étage permet de se rapprocher du mode isotherme: l'énergie dépensée se situe entre ces deux limites. Lors d'un remplissage rapide, on assiste à une augmentation de température. On peut évaluer à 10% du PCI l'énergie nécessaire pour comprimer H2 de 1 à 700 bars.
Réservoir: H2 peut être stocké dans des bouteilles de 10 L jusqu'à des réservoirs de 10.000 m3. Les bouteilles commercialisées actuellement permettent des pressions jusque 350 bars. Il existe des réservoirs ronds ou cylindriques: les premiers sont peu adaptés aux applications automobiles pour des raisons de place, les seconds rendent une adaptation de la géométrie du véhicule nécessaire. Thiokol a développédes réservoirs elliptiques pour réduire le volume. Le réservoir est fait de métal très résistant à la corrosion, souvent de l'aluminium renforcé par des fibres en carbone (pour des raisons de poids). Pour réduire davantage le poids, on tente d'introduire des polymères dans la structure.
Avantages: on bénéficie de la maîtrise de la technologie et de la rapidité du remplissage.
Inconvénients: cette technique souffre encore de multiples inconvénients:
- une faible densité volumétrique,
- la nécessité de réservoirs résistants aux chocs et adaptés aux véhicules pour les applications automobiles,
- et surtout une technologie à améliorer pour les hautes pressions avec l'adaptation de tous les auxiliaires : valves, capteurs, détendeurs.
Constructeurs: Mannesman, Dynetek, Thiokol, Quantum.

Stockage sous terrain
De même que le gaz naturel, il est possible de stocker l'hydrogène sous terre sous forme comprimée: aquifères, cavernes salées (salt cavern)... peuvent et sont déjà utilisés. En Allemagne, la ville de Kiel stocke du gaz de ville depuis 1971, en France, GdF stocke un mélange riche en hydrogène et au Royaume Uni, la société ICI (Imperial Chemical Industries) le stocke dans les mines de sel. Cette méthode n'est intéressante que pour les quantités importantes d'hydrogène.

Stockage sous forme liquide (cryogénique)
Dans cette méthode, l'hydrogène est stocké sous forme liquide à –253°C.
Réservoir: le réservoir a souvent une double paroi, avec entre les deux un espace sous vide (pour éviter les pertes thermiques par convection) ou avec des super isolants ou rempli d'air liquide (Linde Gas). Il est en acier mais on tente d'utiliser des matériaux composites. On atteint des densités énergétiques de 22 MJ/kg (rapporté au réservoir).
Avantages: le réservoir nécessite peu de place, d'où le choix de BMW, Opel et DaimlerChrysler pour ce type de stockage. Le remplissage est une technologie maitrisée avec des stations services spécialisées comme celles de Munich.
Inconvénients: au vu de la faible température, les pertes thermiques sont inévitables de même que l'évaporation d'une partie de l'hydrogène (phénomène de boil off). Néanmoins, les progrès techniques ont permis d'amener ce boil off à 1% d'évaporation/jour. Il faut aussi amener l'hydrogène à cette température et le liquéfier, ce qui nécessite 30% du PCI de l'hydrogène.
Constructeurs: Air Liquide (Messer Griesheim), Linde Gas.

NaBH4: Hydrogen on demandTM
Cette méthode de stockage est celle mise au point par Millenium Cell, qui envisage ce type de stockage pour des applications portables, stationnaires et automobiles. Déjà DaimlerChrysler avec la Necar 5 et PSA avec son prototype H2O utilisent cette méthode de stockage. Daimler étudie la faisabilité du projet visant une autonomie de 300 miles avec un plein de 35 gallons de mélange au lieu de 50 gallons.
Procédé: il se base sur la réaction entre le borhydrure de sodium NaBH4 et l'eau donnant de l'hydrogène (et du borate de sodium NaBO2), cette réaction nécessite la présence d'un catalyseur qui peut être à base de cobalt ou de ruthenium. Quand on a besoin d'hydrogène, on pompe la solution pour qu'elle entre en contact avec la catalyseur.
Avantages: Ce procédé permet l'utilisation d'un fluide non toxique, non inflammable, facilement manipulable qui peut être utilisé dans les applications automobiles; il peut d'ailleurs être stocké dans des réservoirs traditionnels. Cette technologie offre aussi l'avantage d'être à température ambiante et faible pression et surtout de produire un hydrogène totalement pur de CO et autres impuretés.
Inconvénients: Des challenges technologiques doivent encore être relevés: il faut éviter des émissions spontanées d'hydrogène, trouver un catalyseur moins cher que le ruthenium (le cobalt requiert une température plus élevée). De plus, il faut recycler NaBO2.

Hydrures métalliques
Certains éléments ont la propriété de former des liaisons (covalentes ou ioniques) avec H2, permettant ainsi le stockage, puisque le phénomène est réversible. Toyota a déjà réalisé un prototype avec ce type de stockage.
Procédé: Certains métaux ou alliages peuvent stocker des atomes d'hydrogène entre leurs atomes et créer des liaisons chimiques. Il s'agit par exemple du Palladium Pd, du Magnesium Mg, de ZrMn2, Mg2Ni ou d'alliages comme Mg-Mg2Ni. Il existe deux classes d'hydrures: les hydrures haute et basse température. Le stockage s'effectue à haute pression avec apport de chaleur. La pression de dissociation est fonction de la température: pour des températures entre 0 et 100°C, les pressions se situent entre 2 et 10 bars, mais elles atteignent 30 à 50 bars avec des températures plus élevées. Le destockage a lieu à basse pression avec évacuation de chaleur. Les densités énergétiques sont faibles pour les hydrures basse température: 1,5 MJ/kg; elle augmente cependant pour les hydrures haute température: 4 MJ/kg (3,5% massique). Ovonics avance même des chiffres autour de 8 MJ/kg (7% massique).
Avantages: cette méthode est sûre et déjà utilisée. Les pressions mises en jeu sont faibles. L'hydrogène obtenu est très pur.
Inconvénients: la densité énergétique est encore limitée, ce qui donne des réservoirs trop lourds. De plus la cinétique de remplissage doit être améliorée, à basse température. Certains hydrures restent trop chers.
Constructeurs: Texaco Ovonic Hydrogen Systems (TOHS) HERA (GfE, Hydro Quebec, Shell Hydrogen).

Charbon actif, Nanofibres et Nanotubes en carbone
Charbon actif
Le stockage de l'hydrogène dans du charbon actif est connue depuis longtemps. Le remplissage se fait par adsorption. A température et pression ambiante, on atteint des densités énergétiques de 0,5% (masse), mais à très basse température (-186°C) et haute pression (60 bars), on peut atteindre des densités de 8% massique. Plus récemment, on a découvert des méthodes de stockage dans les nanofibres et les nanotubes en carbone qui semblent beaucoup plus efficaces.
Nanotubes en carbone
Le stockage dans les nanotubes de carbone repose sur le principe suivant: un gaz peut être adsorbé en surface d'un solide, où il est retenu par les forces de Van der Waals. Des travaux ont prouvé que les nanotubes de carbone ont des propriétés intéressantes d'adsorption. Il existe en fait deux types de nanatubes: les nanotubes à paroi simple et ceux à parois multiples. Pour les fabriquer, on utilise une décharge électrique entre 2 électrodes de charbon, ou de pyrolyse catalysée d'hydrocarbures dans le cas des nanotubes à parois multiples. dans les deux cas, il faut purifier des nanotubes obtenus des impuretés pr6eacute,sentes. Cette adsorption est efficace lorsque le gaz est à haute pression et à basse température. Malgré des premiers résultats prometteurs, le pouvoir de stockage est plutôt proche de 2 à 3% massique dans des conditions de température et de pression normales. Pour avoir des pourcentages plus intéressants, il faut fonctionner sous des conditions de pression ou de température plus contraignantes.
Nanofibres en carbone
De même que les nanotubes, les nanofibres ont la possibilité de stocker l'hydrogène. La densité massique est assez variable, puisque certains annoncent des chiffres de 65%, et d'autres entre 5 et 10%, selon les conditions opératoires. Certains chercheurs obtiennent de meilleurs résultats en dopant les nanofibres avec du potassium K.
 
Dans ces deux derniers cas, les résultats prometteurs donnés par la littérature n'ont pas été reproductibles. Ce mode de stockage reste à l'état de recherche, notamment pour améliorer les performances grâce à l'utilisation de dopants et l'amélioration de la fabrication de masse.