Piles à Combustible - Hydrogène
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Dernière mise à jour:
8/10/2008
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LES PILES

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Avantages et Inconvénients

Hydrogène

Généralités

Production

Stockage

 
 

L'hydrogène
carburant du futur?

Propriétés générales
Production et utilisation
Stockage

 

Découvert par Cavendish, l'"hydrogène" doit son nom au français Lavoisier. Celui ci avait découvert qu'en approchant une bougie allumée près d'une éprouvette, on provoquait l'apparition d'une flamme et que la combustion de ce gaz provoquait la formation d'eau sur les parois de l'éprouvette. Antoine Laurent Lavoisier décida alors d'appeler ce gaz hydrogène, du grec "hydro": eau et "gene" (producteur, créateur). 

Lavoisier

Antoine-Laurent Lavoisier

Bien qu'on le trouve en abondance dans l'univers, il n'existe pas à l'état naturel: on le trouve plutôt lié à d'autres atomes (C, O), par exemple sous forme d'eau ou de méthane (gaz naturel). Il est donc nécessaire de le produire soit à partir de l'électrolyse de l'eau, soit à partir du reformage d'hydrocarbures ou encore par l'intermédiaire d'algues...

Le problème quand on aborde la question de l'hydrogène ou plus généralement celle du/des carburants du futur est que l'on navigue entre un optimiste acharné et un pessimisme farouche. De même que les piles à combustible, l'hydrogène fascine. Il est intéressant de regarder pourquoi:
- Abondance - du moins sous forme d'eau,
- Possibilité de résoudre les problèmes environnementaux (effet de serre) puisque brûler de l'hydrogène avec de l'oxygène ne produit pas autre chose que de l'eau,
- Réduction de la dépendance vis à vis des carburants fossiles et les réserves limitées de ceux ci (dans la mesure où on ne produit pas l'hydrogène avec du gaz naturel..)
Il pourrait être la clef de l'utilisation des énergies renouvelables, en particulier l'énergie solaire ou éolienne, en permettant le stockage de cette énergie sous une forme chimique pour une utilisation ultérieure. L'hydrogène apparait comme un carburant "propre". 

Déjà certains rêvent d'une "Economie tout hydrogène", où l'hydrogène remplacerait les carburants fossiles usuels et serait une source majeure d'électricité. L'hydrogène a certes déjà de multiples applications: dans la pétrochimie, l'industrie alimentaire, électronique et verrière, l'aérospatiale, mais il est question de les étendre au transport ou à la production d'électricité, l'alimentation des ordinateurs et autres PDA..

 
Mais un tel rêve est il vraiment fondé?
Une utilisition accrue de l'hydrogène suppose que de nombreuses questions soient résolues:
- celle de la production tout d'abord, puisque l'hydrogène est actuellement essentiellement produit par reformage du gaz naturel. Or les ressources en gaz naturel, certes importantes, ne sont pas illimitées et l'utilisation du gaz naturel ne résoud en rien le problème d'émissions de CO2.
- créer l'infrastructure inhérante: production, mais aussi transport, stockage, distribution... Il faut donc que les problèmes techniques soient résolus et que cette solution soit économiquement et environnementalement viable.
Enfin, on est confronté à l'éternel problème de l'oeuf et de la poule. Qui vient en premier: l'hydrogène ou les piles? La mise en place et les investissements nécessaires pour l'hydrogène imposent qu'il y ait un marché correspondant, et les piles fonctionnent, elles, mieux avec l'hydrogène.
C'est dans tous les cas une transition qui demandera du temps, des progrès technologiques, une volonté politique de la part des dirigeants, un effort de la part de l'industrie pétrolière et une acceptance de la part des consommateurs. Dans tous les cas, il faudra que la ou les technologies liées à l'hydrogène permettent des gains en terme d'efficacité énergétique et d'émissions de CO2.

Fin 2008: où en est on?
Au niveau politique, de nombreux accords de coopération, des programmes de recherche et des engagements sont apparus, ainsi que des mesures visant à faciliter l'apparition des véhicules à hydrogène.
En Octobre 2007, la Commission européenne a adopté deux propositions visant à faciliter le développement des technologies hydrogène. L'initiative technologique conjointe (ITC) pour les piles à combustible et l'hydrogène a été mise en place: il s'agit d'un programme intégré d'activités de recherche, de développement technologique et de démonstration, mené en partenariat avec l'industrie. Ce programme doit êre mise en oeuvre sur 6 ans, basé sur un apport l'UE de 470 millions d'euros, auquels s'ajoute un apport identique de l'industrie. L'ITC vise à accélérer le développement commercial de l'hydrogène au cours de la prochaine décennie. De plus le Commission désire faciliter l'arrivée sur le marché des véhicules à hydrogène en simplifiant leur réception. De fait, en Septembre 2008, le Parlement Européen a voté un règlement établissant des normes européennes pour l'homologation des véhicules à hydrogène. Ceci permettra de faciliter le développement de ces voitures tout en donnant un cadre plus précis aux fabricants.
Aux Etats Unis, le Président Bush avait annoncé en 2003 un programme de 1.3 milliards de dollars pour développer la recherche autour des technologies liées à l'hydrogène. Le projet géré par le DOE a un budget d'environ 200 millions par an depuis. Certains états sont plus avancés que d'autres, notamment la Californie où les projets se multiplient.
Les engagements et le support vis à vis de l'hydrogène varient d'un pays à l'autre en fonction des conclusions de ces études; aussi ce sont aussi les décisions individuelles qui marquent, comme celles de l'Islande de se tourner vers l'hydrogène, de la Norvège, qui a lancé en 2004 le projet de rendre une île indépendante du point de vue énergétique en produisant de l'hydrogène par hydrolyse avec de l'électricité produite par des éoliennes. De même le Danemark commence à envisager de fabriquer de l'hydrogène à partir d'éoliennes.

Des pas ont été franchis dans les applications, en particulier automobiles. En 2008, Honda a prévu de louer à des particuliers 200 véhicules à hydrogène, la FCX Clarity, en Californie et au Japon au cours des trois prochaines années. Ceux ci pourront utiliser des stations de Shell et d'autres compagnies. Les progrès sont aussi fait en termes d'autonomie, un problème majeur vu le peu de stations services. La Chevy Sequel de GM a parcouru 480 km avec un seul plein en 2007. Une trentaine de véhicules Ford sont en test auprès de professionnels depuis 2005 aux Etats Unis, mais aussi Canada et en Europe. Les contrats initiallement de 3 ans pourraient bien être prolongés jusque 2010. Des véhicules f-cell de Daimler Chrysler circulent en Europe et aux US. Depuis 2003, des bus à hydrogène commencent à circuler dans les rues Européennes depuis 2003 avec la création de nombreuses stations d'hydrogène en Europe: celle de Reykjavik a déjà été installée fin Avril 2003, suivie par celle de Barcelone, de Hambourg, ainsi que d'autres aux Etats Unis (Washington, Californie) et Japon.

Véhicule F-cell

Véhicule F-cell de Daimlerchrysler

Pour juger des progrès ou de l'attention portée à l'hydrogène, il est intéressant de suivre les salons de l'automobile, véritable  vitrine en termes de recherche et de prototypes.

En 2007, BMW présenta la BMW Hydrogen 7, une limousine de luxe fonctionnant à la fois à l'essence et à l'hydrogène. Volkswagen présenta la Space Up Hydrogen, un hybride batteries/hydrogène à Los Angeles. Fiat a sorti un prototype, Panda Aria, avec une version GNV utilisant du gaz naturel dopé à l'hydrogène. Loin d'un véhicule purement hydrogène, mais sur la voie de la baisse des émissions. Quelques concepts cars du type VAD.HO d'Italdesign ont aussi été présentés.

En 2005, aux salons de Genève, Détroit ou Francfort, les véhicules à hydrogène étaient encore à l'honneur, même si les hybrides sont davantage à la mode actuellement et leur volent largement la vedette. On a néanmoins vu de nouveaux prototypes: Daimler a présenté son véhicule Zero Emission basé sur une classe B (le remplaçant des véhicules f-cell) face au Sequel de General Motors avec une pile et une batterie Ion-Lithium, Ford la Focus C-Max avec un moteur thermique à hydrogène, Audi son A2 H2, Michelin le prototype Hy-Light, Mitsubishi son concept-car Nessie. 

Au salon de l'automobile de Paris (Octobre 2004), BMW avait présenté le prototype H2R, doté d’un moteur thermique à hydrogène, Peugeot un quad, le Quark fonctionnant à l'hydrogène. C'était un pas de plus après le précédent salon de l'automobile de Paris (Octobre 2002), où de nombreux prototypes de véhicules fonctionnant à l'hydrogène ont été présentés : le Hy-wire de GM, le rouge véhicule pour pompiers H2O de PSA, et même un scooter et un vélo.

H2O, le prototype de PSA
Le prototype H2O de PSA

 

Données générales sur l'hydrogène

L'hydrogène (en fait dihydrogène) est un gaz inodore, incolore, très léger (plus que l'air) et composé de deux atomes d'hydrogène. Ses propriétés générales figurent dans le tableau ci dessous.

Pouvoir énergétique
L'hydrogène possède un haut pouvoir énergétique gravimètrique: 120 MJ/kg comparé au pétrole (45 MJ/kg), au méthanol (20 MJ/kg) et au gaz naturel (50 MJ/kg). Cependant c'est aussi le gaz le plus léger (2,016g/mol H2), d'où un faible pouvoir volumétrique: 10,8 MJ/m3 face au méthanol (16 MJ/m3), gaz naturel (39,77 MJ/m3). Ceci pose un véritable problème de stockage et de transport: que ce soit pour l'utilisation de l'hydrogène dans un véhicule ou pour le transport en pipeline, en camion, c'est la densité volumétrique qui importe. La densité énergétique volumétrique de H2 n'est intéressante qu'à l'état liquide ou comprimé (700 bars).
 

Densité volumétrique de divers carburants

 

Aspects Sécuritaires
L'hydrogène réagit avec l'oxygène, libérant de l'eau et de la chaleur (290 kJ/mol H2). Lors de la combustion de l'hydrogène dans l'air, on n'a aucune formation de dérivées carbonés, soufrés, cependant on a formation de faibles quantités de NOx du fait de la réaction de l'azote de l'air avec une partie de l'O2. Du fait de cette réaction, un des "problèmes" de l'hydrogène est le risque d'inflammabilité et d'explosivité. A cause de l'affaire Hindenburg (destruction du dirigeable Hindenburg en 1937), l'hydrogène jouit d'une mauvaise réputation: les recherches ont cependant montré que cet accident n'était pas dû à l'hydrogène mais à l'inflammabilité de l'enveloppe du dirigeable.
La flamme est à peine visible à l'oeil nu - ce qui peut représenter un danger pour les secours intervenant en cas d'incendie, sa température est de 2300°C dans l'air. 
L’hydrogène a un large domaine d’inflammabilitédans l'air: 4 à 75% (contre de 5 à 15% pour le méthane), ce qui augmente les risques pour un gaz riche en hydrogène - par exemple près d'une fuite. Ces conditions sont valables à températures et pression ambiantes, et varient en fonction de la pression, de la température et de la présence d'autres constituants inertes dans le mélange gazeux.
L'énergie d’inflammation est très faible (10 fois plus faible comparativement aux autres hydrocarbures): 0.02 mJ. 
Dans certains cas de confinement, on peut assister à une explosion. Il y a deux types d'explosions: la déflagration et la détonation, on peut parfois assister à une transition de la déflagration à la détonation.
Néanmoins, l'hydrogène a pour lui de se diffuser très vite dans l'air: de ce fait, en cas de fuite, l'hydrogène s'échappe vers le haut et sa concentration diminue très rapidement, passant sous la Limite Inférieure d'Inflammabilité; ceci représente un facteur de sécurité. 
Enfin, en raison de sa faible densité, l'hydrogène aura tendance à fuir par toutes les micro-ouvertures possibles.

Cet aspect sécuritaire ne doit pas faire oublier que l'hydrogène est utilisé depuis longtemps dans l'industrie, et qu'avant la guerre, le gaz de ville en était composé à 60%. La maîtrise des risques liés à l'hydrogène fait depuis longtemps l'objet de recherches approfondies, notamment au niveau des centrales nucléaires où de l'hydrogène pourrait être produit lors d'un accident). Il s'agit d'abord de réduire la possibilité d'accumulation d'hydrogène dans le domaine d'inflammabilité; éventuellement de réduire ce volume de gaz et enfin d'empêcher que l'hydrogène passe à l'état de détonation. Des moyens de prévention existent comme:

  • l'ajout d'un gaz inerte (type Azote, CO2)
  • la recombinaison catalytique de l'hydrogène avec l'oxygène: on utilise des "recombineurs" autocatalytiques passifs (passive autocatalytic recombiners (PARs)) qui permettent la recombinaison de l'hydrogène avec l'oxygène et créent avec la chaleur de la réaction un flux convectif qui favorisent le mélange et évitent d'atteindre des niveaux d'inflammabilité
  • l'inflammation délibérée de l'hydrogène pour éviter l'augmentation de sa concentration et le passage au niveau de détonation. Elle est faite au moyen d'igniteurs qui déclenchent la combustion du mélange inflammable mais seulement à des niveaux de concentration près du seuil d'inflammabilité, et dans des lieux où la flamme ne se propagera pas à des lieux de concentration plus élevés. Il existe des igniteurs à bougie, des igniteurs à étincelle et des igniteurs catalytiques.
  • la ventilation pour diluer la concentration d'hydrogène présent dans un milieu confiné

Avec des mesures de sécurité adéquates, l'hydrogène pourait être utlisé à grande échelle. Il faudra naturellement les définir à chaque étape: production, transport, stockage et distribution, de façon à garantir son utilisation par le grand public. Mais la législation correspondante est encore à définir! Pour l'instant il n'existe pas de législation adaptée à une consommation et utilisation grand public de l'hydrogène. 
Le projet Hysafe
("Safety of Hydrogen as an Energy Carrier"), subventionné par l'Union Européenne, vise ainsi à créer un réseau comprenant 24 partenaires européens (+ un canadien), coordonnés par le centre de recherche de Karlsruhe. Leur but est d'améliorer la sûreté d'utilisation de l'hydrogène: simulations de cas de fuite d'hydrogène, limitation et de prévention des dommages, standardisation des analyses de risques en cas d'incendie ou d'explosion. 

 

Propriétés de l'hydrogène

 Masse atomique  1,0079 g/mol
 Température de solidification  14 K
 Température d'ébullition  20,3 K
 Densité liquide à (20,3 K)  70.79 kg/m3
 Densité gazeuse à (20,3 K)  1.34 kg/Nm3
 Densité gazeuse à (273 K)  0.08988 kg/Nm3
 PCI (Pouvoir calorifique inférieur)  120 MJ/kg
 PCS (Pouvoir calorifique supérieur)  142 MJ/kg
 Energie d'évaporation  445 kJ/kg
 Energie de liquéfaction  14112 kJ/kg
 Cp (20°C)  14,3 kJ/kg K
 Cv (20°C)  10,3 kJ/kg K
 Température d'auto inflammation dans l'air  858 K
 Température de flamme dans l'air  2318 K
 Limites d'inflammabilité dans l'air  4-75 (%vol)
 Limites de détonabilité dans l'air  13-65 (%vol)
 Energie d'inflammation  0,020 mJ

 

 

Généralités sur l'hydrogène

Production

La production de l'hydrogène représente 630 Milliards de Nm3 en 2007. Or la demande mondiale en énergie primaire était de plus de 11 milliards de tonnes équivalent pétrole en 2007 (128000 TWh), demande d'énergie qui devrait augmenter de 55% selon les prévisionde l'AIE (2007). La demande est dominée majoritairement par le pétrole et le charbon suivis du gaz. Ce qui signifie que la production actuelle ne recouvrirait que 1,5% de la demande, il y a donc beaucoup à faire du côté de la production pour que l'hydrogène atteigne une part significative, surtout avec une demande énergétique mondiale en pleine croissance.
L'hydrogène est produit par en majeure partie à partir du reformage d'hydrocarbures. Les méthodes de production sont:
- vaporeformage (gaz naturel, naphta),
- oxydation partielle (naphta, charbon, hydrocarbures lourds..),
- électrolyse,
- co-produit dans la fabrication d'éthylène.
Les deux premières techniques correspondent à près de 95% de la production totale.
De grands groupes sont spécialisés dans la production d'hydrogène: Air Liquide (avec Messer Griesheim), Air Products, Linde Gas, Mahler, Praxair, mais d'autres sociétés comme Shell Hydrogen, Norsk Hydro, GHW (constructeur d'électrolyseurs alcalins, joint venture de MTU, Norsk Hydro et HEW) s'impliquent également.

Utilisation

Si l'hydrogène joue un rôle important dans l'industrie, il n'est presque pas utilisé comme vecteur d'énergie (sauf pour les fusées). Classiquement, il est utilisé surtout dans:
- l'industrie chimique et pétrochimique (synthèse d'ammoniac, de méthanol, production de colorants, d'eau oxygénée),
- l'industrie verrière,
- électronique (puces d'ordinateurs),
- alimentaire (corps gras insaturés),
- en métallurgie,
- dans la production de carburants à faible teneur en soufre.
C'est la production d'hydrogène en vue d'utilisation énergétique qui semble avoir le plus d'avenir, que ce soit avec les piles ou les moteurs à combustion interne. La production d'ammoniac représente actuellement près de 50% de la consommation d'hydrogène, suivie par les utilisations dans la pétrochimie, et pour la synthèse de produits chimiques (méthanol, amines, eau oxygénée). Mais dans ces cas, les coûts liés à l'hydrogène sont absorbés dans le coût de production des produits finis, d'autant que celle ci est souvent centralisée sur un seul site. Aucune considération énergétique n'entre en compte.